Expériences de maternité dans Jeanne la folle, Maoussi, Cati et Have You Seen This Woman ?

La maternité, souvent idéalisée dans l’imaginaire collectif, est aussi un territoire de manque, de douleur et de complexité. À travers des œuvres comme Jeanne la folle de Vicente Aranda, Have You Seen This Woman? de Dušan Zorić et Matija Gluščević, Maoussi de Charlotte Schiøler ou encore Cati de Márta Mészáros se dessine une exploration profonde de la maternité absente, de la grossesse non désirée et des expériences féminines marquées par la perte. Ces films, tous différents dans leur esthétique, convergent pourtant vers une question centrale : comment les femmes vivent-elles un rôle maternel souvent imposé, parfois refusé voire brisé ?

Maternité absente et poids des attentes sociales

Dans Jeanne la folle, la figure historique de Jeanne de Castille se voit enfermée dans un statut maternel utilisé comme instrument politique. Son rôle de mère devient une obligation sociale, non un espace d’épanouissement.

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À l’inverse, Have You Seen This Woman ? explore une maternité fantasmée et morcelée : le personnage féminin semble glisser à la périphérie de sa propre existence, révélant l’angoisse d’une identité dissoute où la maternité est autant une absence qu’un spectre.

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Ces œuvres rejoignent une réalité souvent passée sous silence : toutes les femmes ne désirent pas la maternité et beaucoup la vivent dans le manque, l’isolement ou le déni. Les grossesses non désirées, les pressions sociales et les injonctions à “être une bonne mère” façonnent des trajectoires douloureuses où la question du choix est parfois inexistante.

Maoussi et Cati : complexités du lien mère-enfant

Avec Maoussi, Schiøler explore un rapport mère-enfant marqué par les failles intimes, les non-dits et la difficulté de transmettre. Le film illustre une réalité fondamentale : l’amour maternel, loin d’être un réflexe automatique, est un construit complexe traversé de multiples tensions.

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De son côté, Cati de Mészáros poursuit un questionnement essentiel : comment être mère lorsque l’on a soi-même grandi dans des structures fragiles ? À travers son héroïne, enfant d’une fille-mère élevée à l’assistance publique, le film met en lumière une maternité vécue comme un équilibre précaire, tiraillé entre désir d’autonomie et responsabilité envers l’enfant.

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Ces récits contribuent à souligner le fait que la maternité n’est jamais un bloc uniforme, mais un ensemble de vécus souvent ambivalents.

L’inexistence des pères : un vide structurant

Un élément frappe dans ces œuvres : l’absence, physique ou symbolique, des pères. Qu’ils soient fuyants, désengagés ou simplement inexistants dans le récit, leur absence renforce la charge qui pèse sur les femmes. Sans co-parentalité, les protagonistes se retrouvent seules face aux décisions, aux regrets et aux souffrances. Ce vide masculin fabrique alors des maternités en déséquilibre, marquées par des situations où le fardeau émotionnel et matériel repose entièrement sur les mères.

Abandon maternel et destin des orphelins

L’abandon maternel, thème tabou, traverse ces films comme une réalité brutale mais existentielle. Lorsque les mères disparaissent – par choix, par nécessité ou par incapacité – les enfants se retrouvent orphelins d’une présence vivante. Le cinéma met en lumière non seulement l’acte, mais aussi ses conséquences : la solitude des enfants, la lourde tâche d’institutions souvent dépassées, la réalité d’identités construites sur le manque.
Ce geste, souvent jugé moralement, est ici replacé dans un contexte social et psychologique plus large traversé par la pauvreté, l’oppression ou l’absence de soutien. Au cinéma comme dans la vie, l’abandon est aussi parfois un acte de survie.